
( v. 466 — Paris, 511)
Roi des Francs.
Fils de Childéric Ier et de Basine, Clovis Ier succéda à son père comme roi des Francs Saliens en 481, alors que l'Empire romain d'Occident n'existait plus depuis cinq ans.
Clovis était alors en contact avec les royaumes germaniques voisins,
dominés par des rois ariens, le Wisigoth Alaric II et le Burgonde Gondebaud,
sans oublier l'Italie de Théodoric, lui aussi arien. Vers 493, Clovis épousa
Clotilde, nièce catholique de Gondebaud, tandis que, en 492, sa sœur Audoflède avait épousé Théodoric, alors en guerre avec
Odoacre auquel il disputait Ravenne. À ce moment, les évêques du royaume franc
purent craindre la conversion de leur roi à l'arianisme; on ignore s'ils
contribuèrent au choix de Clotilde comme épouse pour leur roi, mais il est
certain qu'ils tâchèrent de le mettre à profit pour amener Clovis à se convertir
à la foi catholique; celui-ci ne rendit publique sa décision que lorsqu'il se
fut assuré du soutien de son aristocratie, et c'est avec nombre de ses guerriers
qu'il fut baptisé à Reims, par Remi, vraisemblablement le jour de Noël,
probablement en 498 (ou en 496). Les historiens associent généralement cette
conversion à une guerre menée contre les Alamans du Rhin supérieur, et à la
victoire dite de Tolbiac (496): Clovis aurait promis de se convertir si « le
Dieu de Clotilde» lui donnait la victoire.
Clovis poursuivit sa politique d'hégémonie sur la Gaule; il s'allia au roi de Genève, Godégisèle, qui voulait s'emparer des territoires de son frère Gondebaud; ils contraignirent ce dernier à abandonner son royaume et à se réfugier à Avignon, mais le secours porté à Gondebaud par les armées d'Alaric persuadèrent Clovis d'abandonner Godégisèle. Clovis et Gondebaud se réconcilièrent et, vers 502, son fils Thierry épousa une fille de Sigismond.
En 507, allié aux Burgondes, Clovis vainquit Alaric à Vouillé, ce qui lui permit de s'emparer de l'Aquitaine, sans atteindre cependant la Méditerranée. Il s'imposait ainsi comme le plus puissant souverain de Gaule, ce que ne manqua pas de reconnaître l'empereur romain d'Orient, Anastase, qui l'éleva peut-être à la dignité de consul, certes purement honorifique mais ce qui illustre le prestige qui s'attachait encore, chez les Francs, aux institutions de Rome.Ce recentrage de son royaume vers le sud entraîna Clovis à transférer sa capitale à Paris, qui présentait en outre de nombreux avantages: le site était bien fortifié; son prestige était déjà grand; en outre, Clovis y fit élever une église des Saints-Apôtres destinée à recevoir le tombeau de sainte Geneviève, puis le sien et celui de sa femme, Clotilde.
Durant les dernières années de son règne, Clovis s'empara des royaumes francs de Sigebert, de Chararic et de Ragnacaire en les faisant assassiner, et étendit son autorité au-delà du fleuve. L'ensemble du peuple franc était alors pratiquement unifié sous une seule autorité. La loi en vigueur vers la fin du règne s'appliquait aux seuls Francs Saliens; dite «pacte de la loi salique», elle restait essentiellement germanique, et réglait notamment les questions de droit criminel.
Peu avant sa mort, le roi réunit un concile à Orléans, auquel prirent part trente-deux évêques, dont la moitié de son royaume. Clovis mourut le 27 novembre 511 à Paris, après avoir partagé son royaume entre ses quatre fils, Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire.Le règne de Clovis, et plus particulièrement son baptême à Reims, sont à l'origine des mythes qui légitimeront l'autorité des rois des Francs. Nombre de rois porteront par la suite le nom de Clovis (Hlod-Wig, «qui s'illustre au combat»), sous la forme de Louis, et quasiment tous les rois se feront sacrer par l'évêque de Reims. Il apparaît donc que le principal héritage de Clovis est bien la tradition catholique, dont ne cesseront de se réclamer les rois et les dynasties suivantes.