
Dagobert Ier
(mort à Saint-Denis, près de Paris, vers 639)
Roi des Francs (629-639).
Fils aîné de Bertrude et de Clotaire II, il fut
couronné roi d'Austrasie par son père en 623. À sa majorité, Dagobert échappa à
ses tuteurs (Pépin de Landen et Arnoul, évêque de Metz), puis évinça son frère
Caribert après la mort de leur père pour se faire reconnaître roi en Bourgogne
et en Neustrie: c'est par ces manœuvres politiques
qu'il reconstitua le «regnum Francorum». D'après son chroniqueur Frédégaire, le
«bon» roi Dagobert était tout aussi cruel et débauché que ses prédécesseurs,
mais contrairement à ces derniers, il sut s'entourer de conseillers de valeur,
tels que le trésorier Didier, le référendaire Dadon (futur saint Ouen) et
l'orfèvre Eligius (futur saint Éloi). Il se montra également un bon
administrateur, cherchant à restaurer l'ordre dans son royaume. Ainsi, il
combattit les Wendes en 632, soumit les Gascons en 637, les Bretons par
l'intermédiaire du prince de Domnonée, Judicaël, et il signa un traité avec
l'empereur de Byzance.
Dagobert dut diviser son royaume entre ses deux fils: Sigebert III reçut
l'Austrasie en 634 et Clovis II, la Neustrie en 639, ce qui annonçait un retour
au désordre.
Le roi Dagobert vouait un culte tout particulier à saint Denis, et les
fouilles récentes ont montré qu'il était à l'origine de l'agrandissement de
l'oratoire, construit sur le lieu supposé de la sépulture du saint, ainsi que de
la fondation de l'abbaye bénédictine. Il la combla de ses faveurs et y installa
des moines, qu'il autorisa à ouvrir un marché pour y vendre leur vin. Ce marché
devint rapidement une plaque tournante du commerce avec l'Angleterre et les pays
du Nord, siège des foires du lendit. Dagobert fut le premier d'une longue série
de rois à être inhumé dans l'église, devenue le mémorial de la monarchie.