(Fontainebleau, 1544 — Orléans, 1560)
Roi de France (1559-1560).
Fils aîné d'Henri II et de Catherine de Médicis, François fut marié à quatorze ans à la reine d'Écosse, Marie Stuart, elle-même fille de Jacques V d'Écosse et de Marie de Guise, ce qui renforça le parti de la maison de Guise à la cour. Le jeune souverain mourut très tôt, dix-sept mois après son avènement, et ne put jamais régner que sous l'influence des Guise.
Le règne de François II marqua l'apparition de deux partis nettement distincts : celui des catholiques était dirigé par les Guise, considérés par leurs adversaires comme des étrangers, des «Lorrains», alors qu'ils avaient été naturalisés en 1506 ; celui des nobles réformés qui, outre les Bourbon, comptait également les Coligny-Châtillon, autres princes du sang, prétendait à la légitimité de la direction du royaume — cependant, Antoine de Bourbon, plus préoccupé par la récupération de la Navarre espagnole, se rapprocha de Philippe II d'Espagne, donc des catholiques français.
Cousins du roi, les Guise exercèrent de fait tout le pouvoir ; leur politique, bien qu'impopulaire, ne put être suspectée de favoriser des intérêts contraires à ceux du royaume. Ainsi, dès le 14 juillet 1559, Charles de Guise, cardinal de Lorraine, surintendant des finances, réduisit les effectifs des armées, cherchant ainsi à éviter la banqueroute royale à laquelle Henri II semblait avoir acculé le royaume ; cependant, il favorisait indirectement la rébellion des hommes de guerre, en grande partie réformés.
A la suite du tumulte d'Amboise, les Guise déclenchèrent une répression sans faille. En novembre 1560, alors que François II s'était installé à Orléans avec le Conseil et la cour, les Guise firent arrêter Louis de Condé ; il fut condamné à mort pour sa participation à l'affaire d'Amboise, mais la mort du roi, en diminuant brutalement le pouvoir des Guise, sauva le prince.Entre les deux partis extrêmes, le parti des Politiques, qui préconisaient une solution politique, et non plus religieuse, à la crise, émergea peu à peu ; pour eux, en effet, les positions religieuses étaient désormais irréconciliables, et il s'agissait de faire cohabiter les deux communautés, dans le respect réciproque des cultes. Michel de L'Hospital, qui était le principal représentant de ce parti, devint chancelier de France le 20 mai 1560.