Jean II le Bon

(Château du Gué de Maulny, près du Mans, 1319 — Londres, 1364)

Roi de France (1350-1364).

Il était le fils aîné du comte Philippe de Valois et de Jeanne de Bourgogne. En 1333, son père, devenu le roi Philippe VI, le fit duc de Normandie, sans lui confier pour autant un pouvoir réel sur la région. À sa majorité, il exerça quelques responsabilités importantes mais, très vite, sur le plan politique, il se révéla d'esprit borné, «lent à informer, mais dur à ôter d'une opinion» (Froissart). En revanche, il était un chevalier accompli (d'où son surnom, le Bon signifiant le Brave), aimant le faste, les prouesses et les tournois, comme tous les Valois.

Il épousa Bonne de Luxembourg (1332), fille de roi de Bohême, puis Jeanne de Boulogne (1350).

Décisions irréfléchies

Devenu roi le 22 août 1350, il s'efforça de tirer les leçons de la défaite de Crécy (1346) en réformant l'armée (création d'une cavalerie légère, popularisation du tir à l'arc, contrôle plus sévère des effectifs); il créa un ordre de chevalerie, l'ordre de l'Étoile. Ces mesures, insuffisantes, furent annihilées par une diplomatie et une politique intérieure maladroite. Souvent injuste, «chaud et soudain» (Froissart), il prit à l'égard de ses sujets des décisions violentes et contestables, s'aliénant ainsi toute une fraction de l'aristocratie menée par le roi de Navarre, Charles le Mauvais, à qui il avait marié sa fille et qui prétendait au trône de France.

Prisonnier des Anglais

Profitant de ces troubles, le Prince noir, fils du roi Édouard III d'Angleterre, reprit les hostilités (1355). Malgré la supériorité de son armée, Jean le Bon fut battu près de Poitiers (1356), et fait prisonnier alors qu'il aurait pu fuir. Ce comportement, conforme à l'éthique chevaleresque, était désastreux pour le royaume. Jean le Bon fut emmené en captivité à Londres. Son fils, le dauphin Charles, futur Charles V, assura la régence et dut affronter la révolution parisienne d'Étienne Marcel, les intrigues de Charles le Mauvais et la jacquerie. Un traité de paix avec les Anglais fut négocié à Brétigny, puis signé à Calais (1360). Jean le Bon fut libéré contre la promesse d'une énorme rançon de trois millions d'écus d'or et la remise en otage de deux de ses fils et de son frère, Philippe d'Orléans. En 1363, l'un des otages, son fils Louis d'Anjou, s'étant échappé de Calais, Jean le Bon, considérant que son honneur était engagé, revint en 1364 se constituer prisonnier à Londres, où il mourut peu après.