Louis VI le Gros

ou Louis VI le Batailleur (1081 — Paris, 1137)

Roi des Francs (1108-1137).

Fils de Philippe Ier et de Berthe de Hollande. Élu en 1098, associé par son père à la couronne dès 1100, il fut le premier des Capétiens à affirmer véritablement son autorité royale. En s'appuyant sur l'Église et sur le peuple, il réussit, au prix d'une guerre acharnée qui dura presque jusqu'à sa mort, à purger le domaine royal des féodaux pillards qui, tel Hugues du Puiset ou Thomas de Marle, ou les seigneurs de Montmorency, de Coucy, de Monthléry, etc., infestaient l'Île-de-France de leurs brigandages.

Il fortifia également son autorité dans le royaume, en intervenant dans les affaires de certains grands fiefs, notamment en Bourbonnais, en Auvergne et en Flandre; conseillé par Suger, il sut protéger le royaume contre les entreprises de l'empereur Henri V qui, en 1124, avait envahi la Champagne mais qui dut finalement se retirer sans combattre; par contre, sa longue lutte contre le plus redoutable de ses vassaux, Henri Ier de Beauclerc, duc de Normandie et roi d'Angleterre, ne lui procura guère que des déboires. Son règne se termina cependant par un grand succès : le mariage de son fils et héritier désigné, Louis (futur Louis VII), avec Aliénor, héritière du duc d'Aquitaine, Guillaume X (1137).

Le règne de Louis VI est marqué par un essor urbain, avec la création de nouveaux bourgs, qui s'accompagne d'une contestation du pouvoir des seigneurs. Cependant, on a cru à tort que Louis VI avait systématiquement favorisé le mouvement d'émancipation des communes : il ne l'a fait, en réalité, que dans le cas et dans la mesure où il y trouvait son intérêt. Avec lui, la royauté inaugure son rôle de gardienne de l'ordre public et de la justice contre les violences féodales, et s'assure ainsi l'appui matériel et moral de tous ceux, en particulier l'Église, que ces violences lésaient ou menaçaient. Suger fut son biographe dans sa Vie de Louis le Gros, composée vers 1144, ouvrage qui annonce les Grandes Chroniques de France.