
(Jupille, vers 715 — Saint-Denis, 768)
Maire du palais (741-751) puis roi des Francs (751-768).
Second fils de Rotrude et de Charles Martel, à qui il succéda comme maire du palais en 741, Pépin est le fondateur de la dynastie royale des Carolingiens.
En 747, Carloman se retire dans un monastère, laissant Pépin seul maître du royaume franc (le souverain en titre, le Mérovingien Childéric III, n'ayant, dans les faits, aucun pouvoir).
Pépin prépare alors avec méthode le « coup d'État » qui va lui donner le trône. Une mission franque obtient l'accord du pape Zacharie pour le changement projeté. Il est probable qu'en échange, Pépin a promis son concours au pape, alors en butte à l'hostilité des Lombards. En novembre 751, Pépin dépose Childéric III, qu'il relègue dans un monastère, et se fait «élire» roi par les grands.
Premier roi franc à ressusciter l'antique usage du sacre par l'huile sainte, il couvre son usurpation d'une consécration religieuse, en se faisant oindre à Mayence par saint Boniface (décembre 751), créant ainsi une légitimité nouvelle.
Les conséquences de cet acte révolutionnaire apparaissent bientôt : en 754, le pape Étienne II vient en Gaule, sacre une nouvelle fois Pépin à Saint-Denis (28 juillet) et obtient de lui qu'il intervienne en Italie. Pour s'acquitter de sa dette envers le Saint-Siège, Pépin, en contrepartie, s'engage à délivrer Rome de la menace lombarde. Rompant avec la politique franque traditionnelle d'alliance avec les Lombards, Pépin franchit les Alpes en 754 et 756. Il bat les Lombards et leur enlève les territoires de l'Italie centrale pour les donner au pape : c'est là l'origine territoriale des futurs États de l'Église. Mais, soucieux de ne pas rompre totalement avec les Lombards, Pépin travaille ensuite à établir un modus vivendi entre le pape et le royaume lombard.
En Gaule et en Germanie, il doit parfaire l'œuvre de soumission des différents peuples germaniques aux Francs : de 760 à 768, il entreprend des expéditions annuelles en Septimanie et en Aquitaine pour réduire ces vastes provinces et venir à bout de la résistance de ses ducs nationaux. Avant de mourir, Pépin divise son royaume entre ses deux fils, Charles (le futur Charlemagne) et Carloman.